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Machines à écrire : une histoire tapée en cinq ans Article dans la Nouvelle République paru le 06/12/2013

cinq bougies pour un ruban
Jeanne Sala, fondatrice du « musée » de la machine à écrire.

Jeanne Sala, fondatrice du « musée »
de la machine à écrire.

L’Aventure de la machine à écrire et à calculer fête ses cinq ans dans la Cité de l’écrit. Sa fondatrice revient sur cette histoire et l’événement prévu en 2014.

Comment a démarré cette «  aventure  » ?

Jeanne Sala. « Je suis collectionneuse de machines à écrire depuis 40 ans et j’avais proposé cette idée en 1998, lors de la création de la Cité de l’écrit. Il n’y avait pas eu de suite, mais je suis têtue et j’ai relancé le maire en 2001 puis 2003, obtenant la promesse d’avoir un local. Nous l’avons finalement inauguré en décembre 2008. »

La pièce la plus ancienne ?

« Une Remington de 1873 fabriquée aux USA. C’est le modèle utilisé par Mark Twain. La marque n’est pas inscrite, Remington ne croyait pas à l’avenir du produit ! C’était un tas de rouille lorsque je l’ai achetée, j’ai fait restaurer la mécanique. Elle fonctionne mais je n’ai malheureusement pas de ruban. »

La plus curieuse ?

« Nous avons plusieurs machines non conventionnelles, comme ce Virotyp, qui ressemble à un téléphone à cadran, utilisé par les journalistes pendant la Première Guerre mondiale : on pouvait l’attacher sur la cuisse et taper l’article d’une main tout en voyageant à cheval. Après la guerre, des fabricants ont aussi conçu des machines pouvant être utilisées par des hommes amputés des deux mains, avec un mécanisme animé par les moignons. L’idée était de donner aux mutilés la possibilité de retrouver un travail dans un bureau (1). »

Combien de visiteurs ?

« 53.000 en cinq ans. Après une mauvaise année 2012, 2013 a été très bonne, meilleure que 2011. Les visiteurs aiment souvent rechercher la machine avec laquelle ils ont travaillé. »

Et les jeunes, ils sont intéressés ?

« Les aspects de mécanique, la variété des mécanismes, et d’histoire intéressent beaucoup. On trouve des choses surprenantes, comme l’arobase (@) sur le clavier d’une machine de 1890. »

En avril 2014, vous préparez un gros événement.

« Une rencontre internationale des musées et collectionneurs de machines à écrire, avec des pièces exceptionnelles en exposition au CAR. Nous aurons normalement une Enigma, la machine à crypter utilisée par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. »

Vous proposez aux visiteurs de taper à la machine. Ça se trouve encore les rubans ?

« Oui, c’est plus difficile, évidemment, mais on en trouve encore. J’en ai acheté un gros stock. De quoi tenir trois ou quatre ans je pense. »

(1) L’exposition temporaire 2014 sera consacrée à la femme au travail pendant la Grande Guerre.

A l’occasion du Téléthon, les visiteurs sont invités à taper une lettre «  à l’ancienne  » au Père Noël (ou un souvenir de Noël), en contrepartie d’un don à l’AFM (1 € minimum), jusqu’au 22 décembre.

Propos recueillis par Sébastien Kerouanton

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